Mémento et dictionnaire des kanji

Notes sur le Mémento et dictionnaire des Kanji : 2143 Kanji usuels japonais (10e éd., 2011, ISBN 9782952878142) par Jean-Claude Martin.

Jōyō kanji

Les autorités japonaises limitent le nombre de caractères autorisés dans les publications officielles à 2136 jōyō kanji (常用漢字 littéralement kanji usuels ou kanji à usage commun).

À titre de comparaison, le nombre d'entrées dans le dictionnaire Dai Kan-Wa Jiten s'élève à 50000.

Méthode d'apprentissage

Pour atténuer la difficulté d'apprentissage de plus de 2000 kanji, le Mémento propose une approche analytique.

À l'exception de certaines clés qui sont elles-mêmes des kanji et ne peuvent pas être décomposées, la plupart des kanji peuvent être analysés en deux composants :

  1. un radical phonétique :
    • donne le sens général
    • et la prononciation "ON" (sino-japonaise)
  2. une clé :
    • affine le sens général du radical phonétique
    • sert à classer en indiquant la catégorie (la matière dont il est fait, sa nature, sa fonction, etc.)

Méthode :

Clés et radicaux phonétiques

Chaque kanji est classé sous une clé :

Il y a environ 500 radicaux phonétiques de base :

Avec 24 clés et les grandes familles de radicaux, on peut connaître 50% des kanji.

Origine de la méthode

Ce principe avait présidé à la rationalisation dite de Li Si (李斯), sous la dynastie des Qin, en 213 av. J.-C., qui portait sur 3300 caractères.

Li Si a proposé un système combinatoire en 2 composants :

Dans ce système, tous les caractères d'une même famille se prononçaient de la même façon :

Selon son principe :

Limites de la méthode

Hélas, au fil du temps :

L'approche analytique reste satisfaisante pour un kanji sur deux.

Pour cette moitié, la rationalité du système aide à mémoriser les lectures "ON" (sino-japonaises).

Typologie des caractères de Xu Shen

Vers 100–121 apr. J.-C. (plus de deux siècles plus tard), sous la dynastie des Han, Xu Shen (許慎, Kyoshin en japonais), donne dans son Shuowen Jiezi (Shuōwén Jiězì 說文解字, Setsumon Kaiji 説文解字 en japonais), une explication systématique de l'origine des caractères chinois

Il a rangé les caractères, désormais au nombre de 9352, sous 540 clés (部首), puis les a classés notamment selon leur mode de formation :

Type Catégorie Nombre Pourcentage Description
Caractères simples Pictogrammes 363 4 % Comme 山 ou 子 où le caractère représente un objet, une personne…
Symboles 125 1 % Comme 上 ou 下
Caractères composés Idéogrammes 1167 13 % Comme 明 (soleil et lune) dont l'idée vient de la juxtaposition de deux pictogrammes
Phonétiques 7697 82 % Composés :
  • d'une partie que faute de mieux nous appellerons "radical"
  • d'une clé qui sert à les classer
Subdivisés en :
  • phonétiques purs
  • emprunts phonétiques
  • caractères mal transcrits

Typologie des caractères du Mémento

En sus d'une classification systématique par nombre de traits et par clés, le Mémento propose une typologie optionnelle en six types (A à F) permettant de déterminer la nature d'un jōyō kanji :

Mes chiffres

Je n'ai pas réussi à faire coïncider exactement les chiffres des six types du Mémento avec ceux que j'ai pu vérifier moi-même.

Cela reste toutefois un détail, qui n'altère en rien la qualité du Mémento.

Parmi les 2143 kanji annoncés, j'ai recensé 2142 kanji depuis les index :

Pour obtenir les 2136 jōyō kanji, j'ai ajouté 楷 (KAI), que je n'ai trouvé nulle part dans les index.

Répartition des 2143 kanji :

Répartition des 523 têtes de familles de radicaux phonétiques :

À noter :

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A Kemar Joint