The Key to All Jōyō Kanji

Notes sur The Key to All Jōyō Kanji: A Study Guide Using Common Shapes and Ancient Characters 字源と共通形による常用漢字の学習 (2025, ISBN 9798218180522) par Noriko Kurosawa Williams.

Le livre est en anglais.

Les deux idées clés du livre

Le guide des 2136 jōyō kanji repose sur deux idées essentielles :

  1. l'origine des caractères chinois

    • dans les anciens caractères chinois, la forme du caractère est souvent directement liée à son sens et/ou à sa prononciation
  2. les formes communes aux kanji modernes

    • les regrouper en fonction de ces éléments communs permet de mieux mettre en évidence leurs ressemblances et leurs différences, et ainsi de faciliter leur apprentissage

Des anciens caractères à la naissance des kanji

À mesure que la civilisation se développait, il a fallu exprimer des idées de plus en plus complexes. Pour cela, de nouveaux caractères furent créés en combinant des caractères existants, ou certains de leurs éléments.

Lorsque la Chine fut unifiée en 221 av. J.-C. :

Au fil de cette évolution, le lien entre la forme d'un caractère, son sens et sa prononciation devint de moins en moins évident.

Les kanji finirent par prendre des formes plus complexes et plus abstraites.

Le guide retrace l'origine de chaque kanji et cherche à retrouver le lien entre ces caractères et les éléments de la vie quotidienne que représentaient leurs ancêtres.

Reconstitution de 4500 ancêtres des kanji

4500 ancêtres des kanji ont été redessinés à la main à partir de photographies de :

Ces formes anciennes permettent souvent de voir clairement l'objet ou l'idée à l'origine de chaque caractère. Cette particularité s'est en grande partie perdue avec les standardisations ultérieures.

Le guide présente chaque kanji accompagné de sa forme actuelle (新字) et, lorsqu'elles existent, de ses formes anciennes :

Lorsqu'aucune forme ancienne n'existe, l'auteur utilise :

Classification des anciens caractères

Xu Shen et le Shuowen

Xu Shen, vers 100-121, liste six types de catégories de caractères chinois (六書 rikusho) dans la postface du Shuowen Jiezi.

On distingue traditionnellement les quatre premières catégories comme des modes de formation des caractères, et les deux dernières comme des modes d'emploi.

Les modes de formation des caractères :

Catégorie Japonais Chinois Nombre Pourcentage Principe Exemple
Pictogrammes 象しょう形けい文も字じ 象形
xiàngxíng
364 3,9 % Reproduction stylisée d'un objet 山, 木
Idéogrammes simples 指し事じ文も字じ 指事
zhǐshì
125 1,3 % Signe abstrait, souvent indication d'une position 上, 下
Idéogrammes composés 会かい意い文も字じ 會意
huìyì
1167 12,5 % Réunion de deux signes dont les sens se combinent, les sons d'origine ne sont pas conservés 武 : 止 + 戈
Composés phono-sémantiques 形けい声せい文も字じ 形聲
xíngshēng
7697 82,3 % Un composant donne le sens, l'autre le son 青 : 晴, 清, 請, 精
Décompte d'après Zhu Junsheng 朱駿聲 (1833), sur les 9353 caractères du Shuowen jiezi. Xu Shen n'a lui-même établi aucun total.

Les modes d'emploi des caractères :

  1. 仮か借しゃく = caractère emprunté : se servir d'un caractère existant pour écrire un autre mot qui se prononce pareil
  2. 転てん注ちゅう ≈ caractère dérivé : donner à un caractère un sens nouveau tiré d'un sens ancien, selon l'interprétation courante (la définition de Xu Shen reste débattue)

Un caractère a toujours un mode de formation, et peut en plus avoir un mode d'emploi.

Par exemple :

Les composés phono-sémantiques

Ce type a grandement facilité la création de nouveaux caractères, car il permettait de réutiliser des formes existantes pour leur son, plutôt que d'en inventer de nouvelles.

Il a ensuite été utilisé de manière intensive, entraînant la création d'un très grand nombre de caractères.

Par conséquent, les composés phono-sémantiques sont de loin les plus nombreux :

Un élément phonétique peut aussi avoir un sens

Quand un kanji était créé, les créateurs de l'époque choisissaient souvent comme composant phonétique un caractère dont le sens était proche du nouveau caractère.

De nombreux kanji de type phono-sémantique ont été formés de cette manière.

Ainsi, un composant choisi principalement pour indiquer le son peut également contribuer au sens du kanji.

Certains chercheurs (Tōdō et al., 2011) considèrent même que les kanji dans lequel un composant indique à la fois le son et contribue au sens constituent une sous-catégorie :

Les explications sur l'origine des kanji

Les explications sur l'origine des kanji peuvent parfois différer, car les chercheurs ne s'accordent pas sur l'importance respective de trois facteurs dans la création d'un caractère : sa forme, sa prononciation et son sens.

Le guide présente les formes anciennes et les différentes interprétations qui les accompagnent, permettant aux lecteurs de retracer l'évolution des kanji modernes et de se faire leur propre opinion.

Les formes communes aux kanji

Le livre identifie 432 formes communes, réparties en 14 catégories :

# Catégorie Nombre de formes communes Exemples
1 Parties du corps 62 œil, bouche, oreille, nez, main, empreinte de pas
2 Postures 55 debout, accroupi, en marche
3 Plantes 34 arbres, herbe, céréales, courges
4 Animaux 53 animaux et parties du corps des animaux
5 Nature 32 soleil, lune, montagnes
6 Lieux de vie 31 maisons, champs agricoles, routes
7 Objets tranchants et armes 53 aiguilles, couteaux, haches, hallebardes, flèches
8 Fils textiles et vêtements 18 vêtements et formes liées aux fils
9 Objets de valeur 7 cauris, récipients en bronze, bijoux
10 Pratiques religieuses 10 autels, balais rituels utilisés pour les rites de purification
11 Alimentation et repas 17 bols de riz, ustensiles de cuisine
12 Tables, outils et récipients 41 tables, outils de menuiserie, outils agricoles, récipients
13 Objets liés ou attachés 10 objets regroupés ou attachés
14 Autres formes 9 formes diverses

Le guide est organisé selon ces 14 catégories.

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